Au cœur du Judo Breton #7
Fred Pautler
- L'artiste - Jean-Paul Levrel passe directement le flambeau à Fred Pautler, professeur de judo connu pour être aussi peintre. Un artiste originaire de Vannes et qui continue à faire briller le judo breton.
Parcours
Q : Peux-tu te présenter en quelques mots ? (Parcours, rôle dans le judo, lien avec la Bretagne)
R : J'ai commencé le judo à 6 ans. Ceinture noire à 16, 5e dan à 29, 6e à 41 et 7e dan en 2023 avec la mention excellent. Je suis Professeur de judo, pas 'animateur' ou 'entraineur', j'exerce ce métier depuis 42 ans au JC56 à Vannes, dont je suis le directeur technique. J'ai formé environ 400 ceintures noires et une quinzaine de professeurs, m'occupant de tout âges, des plus petits jusqu'aux équipes de première division.
Q : Quel a été ton premier club et ton premier professeur ?
R : Je suis toujours resté dans mon club, mon professeur était mon père : Pierre Pautler
Q : Quel est ton premier souvenir au judo ?
R : Ce qui m'a le plus marqué, c'est quand mon père est devenu 6e dan. À l’époque, on n'avait jamais vu de ceinture rouge et blanche ; il était le premier Morbihannais à l'obtenir. Il a été le premier Breton à réussir l'examen du 6e dan (1981). C’est un souvenir puissant : il a ouvert la voie, et je suis devenu le deuxième Morbihannais à porter ces couleurs, vingt ans plus tard.
En 2023 j'ai fait un livre illustré des hauts gradés de bretagne, il a été dédicassé par le président de la fédération.
Q : Comment pratiquait-on à l'époque (quand tu as commencé le judo) ? Comment étaient structurés les cours, par exemple ?
R : Ça dépend toujours de qui enseigne. Quand le prof part, on perd inévitablement quelque chose. ET puis on évolue chacun de notre côté, mais les bases restent les mêmes. Les méthodes ont changé, c’est devenu bien plus pointu pour le haut niveau : prépa physique, alimentation, la pratique est plus spécialisé qu'elle ne l'était. Mais pour le loisir, l'essentiel est identique. De mon côté, j'ai toujours travaillé avec un judo en déplacement.
Pratique
Q : Qu’est-ce que tu aimes dans le judo ?
R : J'ai beaucoup aimé la compétition et la recherche de la perfection, mais ce qui m'a le plus plu, c'est l'enseignement du judo : transmettre, des plus petits jusqu'aux plus grands.
Q : Qu’est-ce que tu n’aimes pas dans le judo ?
R : Je pense qu'il y a des évolutions nécessaire à faire dans le domaine de l'arbitrage
Q : Y a t il des techniques que tu préfère a d'autres, et pourquoi ?
R : En compet, j'avais une facilité sur les mouvements de hanche, c'était mon truc, surtout Tsuri-goshi et Sode-tsuri-komi-goshi. J'aime aussi beaucoup travailler en sensations, avec les balayages. Pouvoir expliquer ce "feeling" à tous les niveaux, des débutants aux gradés, c’est un pur régal.
Évolution du judo
Q : Comment vois-tu l’évolution du judo en Bretagne ces dernières années ?
R : Il y a des choses qui ont changé : la motivation et l'engagement de nos jeunes, ados et jeunes adultes, sont différents. On sent moins le goût de l'effort et de la réussite. Et ça se retrouve après dans la vie.
Q : Que dire à propos de l'évolution de l'arbitrage ?
R : On a besoin d'arbitres et la formation est difficile. Malgré tout, je suis convaincu qu'il y a des progrès à faire pour améliorer la qualité de l'arbitrage actuel.
Questions personnalisées
Q : Il semble y avoir assez peu d'artistes qui prennent le judo comme thème ?
R : Je ne suis pas certain qu’il y ait si peu d’artistes, on retrouve assez souvent des techniques peintes mais c'est pas ce qui m'interesse le plus, je peint aussi des portraits. En fait je peins de tout : paysages, animaux ou commandes spécifiques, ce qu'on me demande en réalité.
En ce moment, je prépare une grande exposition à Poitiers avec des portraits de Jigoro Kano, que je proposerai aux ligues et aux dojos. J'ai aussi réalisé une fresque chez Cathy Arnaud à Bordeaux, que j'ai adaptée pour la présenter ici. Cette reconnaissance m'a d'ailleurs mené jusqu'au Grand Slam de Paris, où j'ai été invité par la Fédération pour une démonstration de peinture en direct.
Q : C'est un loisir ou aussi un métier ?
R : Je suis auto-entrepreuneur donc c'est un métier que je partage avec le judo. Je suis en retraite depuis 3 mois donc maintenant je vais avoir plus de temps à dédier à la peinture
Conclusion
Q : As-tu une anecdote marquante à partager sur ton parcours dans le judo ?
R : La démo à Bercy c'était extraordinaire, j'était au départ étonné de l'invitation mais ça à beaucoup plus.
Q : Si tu devais décrire le judo en une phrase, quelle serait-elle ?
R : Une école de vie. J'y joindrais bien un petit texte que j'ai écris qui exprime bien ce que je pense :
Q : Quelle sera personne la prochaine à être interviewée ?
R : Erwan Davigo
Merci pour votre lecture et à très bientôt !
Interview réalisée par Simon Rebours