Se battre contre un ennemi invisible peut faire penser à un cauchemar. Pour Dorian, c’est devenu un combat du quotidien. Atteint d’une maladie au nom tout aussi barbare que ses symptômes, neuropathie optique héréditaire de Leber, Dorian a perdu la vue en 2 mois. « Ca fait 2 ans et demi. La maladie est connue dans la famille puisque mon petit frère est aussi atteint et avait été diagnostiqué il y a déjà 6-7 ans. Il avait 6 ans. Pour moi, les symptômes sont apparus à 17 ans. »

Judoka depuis l’âge de 6 ans, Dorian connaît très bien la notion de combat. Il a été un compétiteur régulier dans toutes les catégories jeunes avec des podiums départementaux à son actif. Il obtient sa ceinture noire à 17 ans alors qu’il est junior. C’était sa dernière saison en tant que « valide ». Après 2 années sans compétition et presque sans judo, Dorian remonte sur le tatami. Installé à Paris avec l’association Valentin Haüy, Il découvre le Racing club de France, dont le dojo est à quelques mètres de son logement.

Mickaël, le papa, également compétiteur émérite se tient informé des compétitions « para » qui pourraient intéresser Dorian. C’est décidé. Le 1er décembre 2018, ce sera le championnat de France Para Judo dans l’Essonne. Une première pour l’Athletic Club de Penvénan où Dorian est toujours licencié. William Buron, le président, a « fait une demande de subvention exceptionnelle auprès du conseil régional dans le cadre des déplacements sportifs de niveau national. Nous ne faisons pas de distinction entre valides et para. Chacun combat avec ses forces et faiblesses et notre rôle de club est d’accompagner nos compétiteurs. » Tous les enfants au club sont sensibilisés aux différences et tous seront derrière Dorian pour ce championnat de France.

Un rôle que le club outrepasse peut-être puisque chaque année 2 tournois sont organisés pour récolter des fonds reversés à « ouvrir les yeux ». Une démarche qui vient en complément du travail réalisé par Magali, la maman, qui est devenue déléguée de l’antenne Bretagne pour « ouvrir les yeux » et qui organise chaque été une marche au départ de Trévou-Tréguignec pour aider la recherche médicale mais aussi à équiper les malades pour améliorer leur bien être au quotidien.

Et lorsqu’on évoque Paris 2024, un léger sourire illumine le visage de Dorian avec un « ça trotte dans la tête » en toute humilité qui donne de l’espoir. Avec un tel objectif, il est certain que Youn et Ewenn seront les premiers supporters du premier combattant para de niveau national licencié à l’AC Penvénan.